C’est pas contradictoire ça ?

Se revendiquer « écolo », chercher un retour aux vraies valeurs, à créer du lien social, à remettre des « vraies » choses et locales dans son quotidien, et passer son temps sur Internet, sur les réseaux sociaux, recevoir des e-mails en pagaille et vouloir les traiter instantanément ?

Une personne de mon entourage m’a dit un jour :

« on a tous nos petites contradictions »…

Peut-être.

ours polaire sur un iceberg
Image parcocoparisienne de Pixabay 

Il n’empêche que travailler dans le virtuel cache bien souvent certaines réalités, connues ou inconnues. Et une page web, c’est comme la partie visible d’un iceberg environnemental.

Lorsque la question s’est posée de démarrer un lieu de partage virtuel, est venue très rapidement la problématique de l’hébergement. Car oui, pour que vous puissiez lire ce texte, il est nécessaire qu’un ordinateur soit allumé 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 – et que cet ordinateur soit relié à Internet durant ces plages horaires. Quelle contradiction, quand nous incitons chaque personne à éteindre ses appareils en veille !

Alors, si je souhaite quand même afficher et rendre disponible mes articles, qui te sont tellement indispensables, et concilier mes impacts avec mes valeurs, comment faire ?

Une première idée est de mutualiser le matériel. Ainsi, je peux partager l’équipement permettant à un ordinateur de se connecter à Internet. Pour cela, je prends un abonnement à un hébergeur. Cet hébergeur a chez lui des centaines d’ordinateurs, et d’équipements réseau à disposition. Et comme tout cela fonctionne au même endroit, il peut mutualiser certains équipements. Par exemple : la climatisation.

C’est le nerf de la guerre des centres d’hébergement aujourd’hui : beaucoup d’ordinateurs qui tournent en même temps, ça produit beaucoup de chaleur. Alors il faut refroidir tout ça. On met donc une belle grosse climatisation. Comme ça, mes ordinateurs qui consomment de l’énergie une première fois pour fonctionner en consomment une deuxième fois pour être refroidis (et évacuer l’énergie premièrement créée…). Autrement dit : on donne pour chauffer, puis on donne pour refroidir, vous me suivez ?

cheminees
Toute cette belle chaleur évacuée pendant que vous lisez cet article…
Image par PublicDomainPictures de Pixabay

Bon, une fois que ces ordinateurs sont allumés (chauffent et refroidissent), il faut mettre quelque chose dessus. Et là, on se dit : « je vais me créer mon petit site à moi dans mon coin, sans que personne ne puisse venir m’embêter », alors zou ! On loue une belle machine, sur laquelle on est tout seul. Un peu comme si on allait acheter son petit ordinateur à soi dans une grande enseigne. Et comme tous les copains font pareil, mon hébergeur se retrouve avec une quantité astronomique d’ordinateurs à faire fonctionner (et refroidir) pour plein de petits sites de quelques pages et photos.

Ah ! et puis tant qu’à faire, comme on se lance, qu’on va faire un super beau site (si si, avec plein de jolies couleurs), et ben on prend une « belle » machine, une bête de course comme l’annonce notre hébergeur. Quatre ou huit coeurs qu’il est écrit, elle doit en plus être très généreuse !

ours dans valise
Un coeur gros comme ça !
Image parAlexas_Fotos de Pixabay 

Bon, revenons un peu sur Terre pour essayer de prendre un peu soin d’elle…

enfant jouant avec un tuyau
Image parGerald Friedrich de Pixabay 

Vous vous souvenez ces histoires d’énergies pour refroidir ? Et ben la planète, elle a des endroits avec un climat pas très torride. Et ça, certains hébergeurs l’ont bien compris, et vont installer leurs datacenters (les bâtiments avec toutes leurs machines) au plus près des pôles. Comme ça, hop, pas besoin de clim, il suffit d’ouvrir les portes, et zou, ma belle énergie chaude, se diffuse dans l’atmosphère, ni vue ni connue. Même pas de climatisation ! On pourrait aller plus loin d’ailleurs : et si on utilisait toute la chaleur des machines pour… chauffer des maisons ou des infrastructures par exemple ? Mon site Internet me permet alors d’avoir de l’eau chaude pour l’immeuble d’à côté, ou pour réchauffer la piscine municipale (qui, elle fournirait de l’eau froide pour refroidir mes machines). Pas mal non ?

Bon, OK, on utilise de manière plus vertueuse l’énergie des machines. Mais faut-il qu’elles soient autant ? En effet, Un ordinateur (ou un serveur) c’est au moins un disque dur (comme un entrepôt), de la mémoire vive (comme un sas qui permet d’y déposer les données fréquemment utilisées), un processeur (qui fait les calculs de commande et les liaisons entre l’entrepôt et le sas), et une carte réseau (ça, c’est la porte qui permet de charger les camions et expédier les commandes). Sauf que pour un site Internet « standard », les commandes, ça n’arrive pas souvent Alors l’entrepôt n’est presque pas rempli, le sas gigantesque résonne, et le processeur s’ennuie… L’idée est alors de mettre plusieurs sites Internet sur la même machine. On met en commun l’entrepôt, le sas, le processeur et le quai de chargement, en faisant attention à ce que les colis ne se télescopent pas. On appelle alors cela un hébergement mutualisé. Plusieurs sites Internet sur le même serveur, et les ressources sont partagées. Comme une plateforme d’échanges d’objets entre voisins.

Et même avec tout ça, ma plateforme d’objet n’est que rarement utilisée. Les quelques centaines de visites par jour n’arrivent pas à occuper ma toute clinquante machine toute neuve avec tous ses coeurs. Elle qui est faite pour livrer des pages à des centaines de milliers de visiteurs ! Alors, pour mon petit site, je peux choisir une machine un peu moins clinquante. Tu sais ? Celle qui a déjà fait ses preuves, qui a déjà de l’expérience et un peu d’ancienneté. Parce que oui, un serveur qui a 5 ans réussira aussi bien à afficher mon site. Alors je vais laisser la superbe machine tout neuve à ces grands sites qui en ont besoin. Et je vais choisir une machine qui répond à mes besoins à moi.

Cette démarche, c’est celle que nous avons choisi pour lagladlife.fr : un hébergeur qui consomme de l’électricité renouvelable, refroidis sans climatisation, avec des serveurs conçus de manière la plus écologique possible. Et nous avons choisi un hébergement mutualisé et de taille très raisonnable. Cerise sur le gâteau, cet hébergeur compense à 200% ses émissions de CO2, incite ses collaborateurs à venir travailler à vélo (avec prime à la clé !) et a remplacé les essuie-tout et les fontaines à eau par des torchons et l’eau du robinet.

Ce n’est pas parfait tout ça. Mais en faisant cela, mon site Internet réduit aussi son impact !

hebergement-ecologique-ours-amour
Image parIMAGE-WS de Pixabay 

Catégories : Réduire

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